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04 juillet 2007

La délégation de très haut niveau fait du ski

Anne-Marie Lizin, présidente sortante du Sénat et représentante spéciale de l’OSCE, a décidé d’employer la méthode forte pour lutter contre les petits producteurs de féculents, choux de Bruxelles et autres aliments dommageables pour la vie en société. Extrait du journal de 8 heures de la Première :

Le journaliste. — Est-ce qu’on peut combattre le terrorisme en bafouant la démocratie ?

Anne-Marie Lizin. — Je pense que la sécurité est un objectif extrêmement important. Donc, la réponse à cette question, c’est sans doute oui, mais à condition que la démocratie ait vraiment des instruments pour lutter contre n’importe quel petit groupuscule qui décide de faire péter des civils.

Allez, c’est facile de se moquer. Elle parlait bien sûr de sa récente visite de la prison de Guantanamo. Tout comme l’année dernière, elle faisait partie des experts belges envoyés sur place par l’OSCE et chargés de remettre un rapport.

Et les experts belges, attention, c’est du sérieux, du solide, du cohérent.

Conclusion tirée en 2006 par l’un de ces experts : « Au niveau carcéral, c’est une prison modèle, les gens y sont mieux traités qu’en Belgique. »

Le pied. Mais on peut encore mieux faire !

2007 : « La parlementaire belge a par ailleurs constaté que des efforts avaient été accomplis en vue d’aligner les différents régimes de détention sur les standards des prisons américaines. »

Les prisons américaines, ça doit être au moins aussi sympa que les auberges de jeunesse chez nous, si je comprends bien.

Aux dernières nouvelles, la direction de Guantanamo chercherait à décrocher d’ici 2008 sa première étoile au Gault & Millau.

25 mai 2007

Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena

Il arrive que Marie Arena se répète. Parfois, elle dit la même chose plusieurs fois. Et à certaines occasions, elle tient successivement des propos strictement identiques. Il lui arrive même de redire ce qu’elle vient tout juste d’affirmer.

Je retranscris ici une interview d’elle diffusée dans le journal parlé de la Première. Ce que je dirais sans doute en une phrase (« Cette étude a permis d’identifier les problèmes que nous devrons résoudre. »), elle en fait deux paragraphes dans un français chatoyant et créatif.

L’objectif de cette évaluation n’est pas d’établir un palmarès, l’objectif de l’évaluation, elle est formative, c’est-à-dire de donner des indicateurs aux directeurs d’école et aux enseignants pour faire en sorte que là où nous sommes en difficulté, nous puissions apporter des remèdes par rapport à ces difficultés, donc pas du tout pour dire : « je suis le plus fort, le plus beau, le plus intelligent » mais au contraire pour dire : « là où je suis en difficulté, comment je peux remédier à ces difficultés ? ».

[…]

L’objectif n’est pas du tout de se comparer à un niveau européen quelconque. Donc, on a voulu avoir notre outil interne à la Communauté française de pilotage du système pour mieux comprendre là où nous avons des difficultés. Vous savez, vous ne pouvez pas apporter un remède si vous ne savez pas là où ça fait mal. Euh, et donc, aujourd’hui, au niveau de l’école, on a identifié les endroits où ça fait mal, et on dit : « dans ces endroits-là, il faut être attentif et apporter des remèdes particuliers ».

Quand on a 15 % de la population qui, dès l’âge de neuf ans, est en décrochage par rapport au français, on peut s’attendre que cette population soit en décrochage sur le reste.

L’étude portait sur le niveau de compréhension écrite des élèves du primaire et du secondaire, et ses résultats ne sont pas brillants. Ce n’est peut-être pas étonnant, avec une ministre de l’Enseignement qui semble, euh, en décrochage par rapport au français.

26 avril 2007

Les idées déco d'Anne-Marie

Surprise ! Pour fêter les vacances, les sénateurs se sont vu offrir leur buste en papier mâché. 71 sculptures en tout, belles comme des surprises Kinder, que dis-je ? comme des statues de cire du château de Belœil. Merci Anne-Marie ! Je suis sûr que ça conviendra parfaitement à n'importe quel intérieur un tant soit peu coquet.

La sculptrice dit s'être inspirée de Daumier. C'est une très bonne idée. Mais ça ne transpire pas vraiment dans le résultat final.

Les bustes de Daumier sont avant tout des caricatures. Ce que les sénateurs ont reçu, ce sont des portraits stylisés, dans un genre naïf. Il n'y a aucune satire là-dedans, aucune irrévérence. Rien que la démarche est parfaitement opposée : d'un côté, un caricaturiste dont les œuvres ne sont pas vraiment perçues comme des cadeaux, ce qui lui vaudra d'ailleurs quelques misères ; de l'autre, une artiste qui produit une œuvre de commande. Citer Daumier dans ces conditions, bah… C'est un peu vaniteux.

Enfin ça me donne une occasion de montrer les bustes de Daumier, qui ont tout de même bien plus de gueule. 

25 avril 2007

Ducarme, toujours vert

On allait presque l'oublier : la Belgique aussi est en pleine campagne électorale. Ce matin, à la Première, un revenant : Daniel Ducarme. Je suis bien content de l'entendre à nouveau. J'avais gardé de lui de fabuleux souvenirs de discours politiques invraisemblables, un mélange rare de mauvaise foi, de bêtise et de démesure, et surtout une ligne de conduite : ne jamais tenir compte de ce que disent les contradicteurs.

J'avais en revanche complètement oublié son engagement profond et sincère pour l'écologie. Heureusement qu'il était là pour le rappeler, et pour rappeler aussi que l'écologie, c'est quand même avant tout une invention des libéraux. Dialogue avec Sophie Brems dans Questions publiques (lien extrait du podcast de la Première) :

Daniel Ducarme. — C'est quoi, d'être réformateur, d'être libéral-démocrate ? C'est de s'intéresser au mieux possible aux individus. Quand on voit tout ce que l'on voit au plan de la défense de la planète, du réchauffement climatique, il est très clair que nous y sommes attentifs.

Je ferais quand même remarquer une chose, c'est que la personnalité qui a vraiment mis le doigt sur cette question, elle n'est pas venue de l'Union soviétique, hein. Elle n'est pas venue de Chine, hein. Elle n'est pas venue des pays que l'on pourrait considérer comme des pays socialistes ou communistes, hein. Elle est venue des États-Unis. C'est monsieur Gore. Et donc ça montre très bien que les libéraux, les libéraux-démocrates, sont des gens qui veulent absolument faire en sorte de s'intéress…

Sophie Brems. — C'est un peu un raccourci, ça, hein…

— Mais non, c'est pas un raccourci.

— Il y en a eu d'autres avant, quand même.

— Mais, écoutez, qui a fait en sorte qu'il y ait une telle réaction de la part de l'opinion ? Qui a obtenu un Oscar du meilleur film documentaire ?

— C'est Al Gore, OK, mais bon…

— C'est monsieur Gore. Jusqu'à présent, il sort pas du Kremlin et il sort pas de Pékin.

— Oué…

— Et donc j'ai le droit aussi de dire que les libéraux-démocrates sont des gens qui portent très bien des dossiers tels que ceux-là.

Il n'a pas changé ! 

23 avril 2007

Ma soirée présidentielle, cinquième partie : ne tirez pas, je veux juste rentrer en Belgique

Ce soir, j'ai pris le train en France pour revenir en Belgique. Devant la gare de Calais-Frethun, il y avait une jeep kaki avec deux militaires dedans, sans doute pour célébrer le bon score de Sarkozy.

Mais non, c'est pas vrai, il y a toujours des militaires devant cette gare. C'est à cause de Vigipirate. Ils sont là pour vaporiser toutes les dix minutes un dérivé de citronnelle qui éloigne les terroristes, comme ça il n'y a pas de bombe dans mon TGV. À moins que ce ne soit pour courir après les réfugiés de Sangatte qui ne savent plus où aller depuis qu'on a fermé le centre de la Croix-Rouge. Qui avait eu cette grande idée, déjà ? Un ministre de l'Intérieur, un petit nerveux, je ne reviens plus sur son nom…

Tiens, je serais curieux de connaître le score de Sarkozy aux alentours de Sangatte, d'ailleurs.

Bon, enfin je ne sais pas à quoi servent ces militaires, mais il vaut mieux qu'il y en ait trop que pas assez, n'est-ce pas, et puis on se sent rassuré de savoir qu'il y a des gars avec des mitrailleuses dans sa gare.

Ma soirée présidentielle, quatrième partie : c'est qui le chef, maintenant ?

Il y en a qui, et on me pardonnera ce belgicisme, ont eu bon ce 22 avril, c'est les gars de l'UDF.

« Vous allez être très courtisé, monsieur Huday-Effe, pendant les deux semaines à venir, non ?

— Oooh, je sais paaas, nous verrooons… »

Bien entendu, tout le monde au PS et à l'UMP s'est défendu de vouloir faire de l'œil à l'UDF pour récupérer ses électeurs au second tour. Quand on leur a demandé comment ils espéraient remporter le second tour si ce n'était en captant les voix de l'UDF, les gars de l'UMP ont mis en avant la dynamique du mouvement de rassemblement qu'ils souhaitaient impulser à l'aide de leurs idées claires et novatrices, contrairement à ceux du PS qui voulaient de leur côté rassembler clairement les dynamiques novatrices autour d'idées en mouvement.

Je ne comprends pas comment on peut résister, lorsqu'on est membre de l'UDF, à l'envie de dire sur le plateau : « Vous savez, là, ils font leur Jean Gabin, mais ils ont déjà les yeux qui brillent et un peu de bave au coin des lèvres devant nos 20 %. Demain, je les aurai au téléphone, ils seront tout sucre et tout miel, et je leur ferai danser le charleston quand je veux .»

Ma soirée présidentielle, troisième partie : y a la démocratie qui a bougé, je l'ai vue

Jean-Philippe. —  En tout cas, on peut parler de véritable sursaut démocratique, je crois.

Yvette. —  Absolument, Jean-Philippe, pratiquement jamais les Français ne se sont rendus aussi nombreux aux urnes.

Michel Huemmpey. — D'ailleurs, je voudrais ce soir sincèrement les remercier et les féliciter.

Charles Péhesse. — C'est un très beau geste citoyen que les Français nous ont offert ce dimanche.

Patrick Huday-Effe. — Je souscris à ce qui vient d'être dit, c'est un beau jour pour la démocratie, et les Français ont montré un superbe exemple.

Jean-Philippe. — Il faut bien dire que le traumatisme du 21-Avril est encore dans toutes les têtes. Nous pouvons donc remercier Jean-Marie Le Pen, sans lequel ce grand moment de démocratie n'aurait pu être possib…

Yvette. — JEAN-PHILIPPE !

Non, personne n'a osé dire ça en vrai (ou alors je ne l'ai pas vu). En revanche, on en a mangé, du sursaut démocratique. À croire que la démocratie, c'est le vote. À croire que la France n'est un pays démocratique que deux jours tous les cinq ans, lors des élections.

La démocratie, c'est pourtant aussi la liberté d'information, la liberté d'expression, la possibilité de débattre, le multipartisme, la séparation des pouvoirs, c'est plein de choses encore, la démocratie, ça s'entretient tous les jours. Le droit de vote est tout de même la clé de voûte de la démocratie, me direz-vous. Oui. Mais une clé de voûte sans voûte, ça ne sert à rien.

Alors oui, un élément du système démocratique français a bien fonctionné. C'est très bien, mais il n'y a pas non plus de quoi tirer des larmes à un démocrate.

Quand j'entends parler de sursaut démocratique, je pense à une grenouille disséquée (morte, donc) que l'on fait tressaillir par des décharges électriques. Peut-être que les politiciens que j'ai vus sur les plateaux de télé avaient la même image en tête, tiens.

Ma soirée présidentielle, deuxième partie : bof et beurk

Bien. Second tour Sarko-Ségo, pas de surprise. Le coboille à grosse montre d'un côté, la madame pas aimable de l'autre.

La madame pas aimable, il y a quelques années, elle voulait plafonner les salaires de tout le monde à 50 000 francs français, soit 7 500 € environ. Il y a quelques années, c'était le genre d'idée qu'un parti modéré comme le PS pouvait défendre.

Maintenant, une idée pareille et vous êtes catalogué dans l'extrême gauche sans hésitation. C'est à ça qu'on mesure l'aplanissement du débat politique. Enfin, aplanissement, oui et non, pas pour tout le monde. Je suis certain qu'il y a, disons, une dizaine d'années, les sorties de Le Pen sur les origines de Sarkozy lui auraient valu une volée de bois vert, un procès, enfin il se serait passé quelque chose. C'est la conséquence de cet aplanissement, peut-être. Plus personne n'ose l'ouvrir, sauf quelques irréductibles, qui profitent d'un champ d'expression aussi vaste que libre parce que déserté. Paradoxalement, au championnat des tout-mous, ce sont les durs-à-cuire qui montent sur le podium.

Maintenant que Royal paye l'impôt sur la fortune, elle aurait sans doute un peu plus de mal à soutenir l'idée du salaire plafonné. Sarkozy aussi paye l'ISF. Dans deux semaines, la France aura un président riche. Ça m'inquiète un peu. C'est un préjugé, c'est idiot, mais je me méfie des riches. Je suis intimement convaincu que l'argent est délétère, qu'il est un détersif imparable contre les scrupules et les restes de morale les plus incrustés. Je n'aime pas les gens à grosse montre, je n'aime pas ceux qui roulent en 4 × 4 ou en cheval.

Je n'aime pas le futur président de la République française.

Ma soirée présidentielle, première partie : on meuble

« Eh bien mon cher Jean-Philippe, voilà une soirée qui s'annonce passionnante.

— Ah ça oui, Yvette, on peut déjà dire que ce scrutin sera historique.

— On peut le dire, en effet, et d'ailleurs, je crois que nos commentateurs auront du pain sur la planche, ce soir.

— Oui Yvette, les commentaires seront à n'en pas douter extrêmement nombreux.

— Il y a effectivement beaucoup de choses à dire déjà sur le vote de ce dimanche.

— Houlàlà, oui, des choses et des choses.

— Par quoi commencer ?

— Et si nous regardions pour la cinquième fois depuis vingt minutes le chiffre de l'abstention ?

— Mais quelle bonne idée, Jean-Philippe !

— Nos téléspectateurs redécouvrent avec nous ce chiffre historique.

— 15 %, c'est historique.

— Pour ne rien vous cacher, heureusement que c'est historique parce que sinon je ne vois pas bien comment nous aurions meublé les quarante minutes qu'il reste à tirer avant l'annonce des résultats à 20 heures.

— Euh, Jean-Philippe… »

C'est toujours la même chose, et c'est toujours aussi drôle. Aussi professionnels qu'ils soient, les présentateurs de soirées électorales ont bien du mal à remplir leur émission avant de pouvoir annoncer les résultats et passer aux choses sérieuses.

J'ai beaucoup apprécié Pierre Giacometti sur France 2, à qui l'on a demandé d'analyser cette chute de l'abstention et qui a expliqué que c'était dû, d'une part, aux personnes qui n'avaient pas voté en 2002 mais qui ont voté cette année et, d'autre part, aux personnes qui n'étaient pas inscrites sur les listes électorales en 2002 et qui y sont maintenant inscrites pour des raisons diverses. Je rejoins entièrement son point de vue, et j'ajoute que je vais poser ma cadidature au poste de directeur général d'Ipsos parce que ç'a m'a l'air d'être un boulot peinard.

19 avril 2007

Assassinat au knout

Knut® est une star, une vraie : il a reçu sa première lettre de menace de mort. C'est ce que j'ai lu aujourd'hui dans une dépêche Belga. Ma première réaction a été de me dire que c'était idiot d'écrire à cet ours, puisqu'il ne sait sans doute pas lire (il est bien trop jeune). La dépêche expliquait un peu plus loin que la lettre avait en fait été adressée à la direction du zoo de Berlin, ce qui est bien plus logique.

En tout cas, le zoo ayant déjà déposé la marque Knut®, on sait déjà qui vendra la peau de l'ours une fois qu'il aura été tué. 

20:05 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : knut, lettre, menace