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31 mai 2007

QRN sur Liverpool

Pour fêter les 40 ans de la sortie en album du légendaire QRN sur Bretzelburg, Marsu Productions s’apprête à éditer un album hommage. Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une version de QRN entièrement redessinée par des pointures actuelles de la bande-dessinée (Batem, Seron, Bar2…) Cerise sur le gâteau, ces dessinateurs utiliseront uniquement le matériel employé pour l’original : le vrai porte-plume de Franquin, des bouteilles d’encre provenant de la réserve du maître et même une rame de papier Schoeller retrouvée dans un état quasi-miraculeux.

Non, c’est pas vrai.

En revanche, pour les quarante ans de Sergent Pepper, on a vraiment fait enregistrer une série de reprises par Geoff Emerick (le réalisateur de l’album original) sur le vrai magnéto quatre pistes qui a vraiment été utilisé en 1967, et ce n’est qu’une petite partie du délire idolâtre qui se prépare en Grande-Bretagne.

29 mai 2007

Les deux ans de Bodink en photos

Je viens d’ajouter un album photo très restreint des deux ans de Bodink. L’album complet sera bientôt disponible sur Bodink, ainsi que (normalement) des vidéos du concert.

Comment Bodink s’assemble (généralement)

Demain soir, assemblée générale de l’ASBL Bodink, la glorieuse association sans but lucratif (et c’est peu dire) qui fait tourner Radio Bodink et son site.

Nous nous réunissons au Poechenellekelder, ce qui n’est pas très étonnant : Bodink s’est construit en bonne partie dans des cafés. La conception a eu lieu à la Maison des crêpes (surtout autour de laits russes et pas trop d’alcool), et puis nous avons migré au Poech’ qui présentait l’avantage d’être facilement trouvable pour les non Bruxellois qui ont rejoint l’équipe au fil du temps. Le lait russe a quitté la table, remplacé par la Barbar, la Saint-Feuillien, la Zinnebir, la Taras Boulba et un spagbol pour Fred qui vient de loin et pour moi qui suis toujours à la bourre et qui n’ai pas eu le temps de manger avant d’arriver.

Demain, donc, nous discuterons de deux nouvelles fonctions que nous mettrons en route sur le site avant la fin de l’année. Comme d’habitude, je suppose qu’on va beaucoup digresser, mais nous avons cette fois pris la précaution de dresser un ordre du jour très restreint. Ça nous donnera un prétexte pour nous revoir dans pas trop longtemps. Et ça, c’est bon pour le commerce.

25 mai 2007

Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena

Il arrive que Marie Arena se répète. Parfois, elle dit la même chose plusieurs fois. Et à certaines occasions, elle tient successivement des propos strictement identiques. Il lui arrive même de redire ce qu’elle vient tout juste d’affirmer.

Je retranscris ici une interview d’elle diffusée dans le journal parlé de la Première. Ce que je dirais sans doute en une phrase (« Cette étude a permis d’identifier les problèmes que nous devrons résoudre. »), elle en fait deux paragraphes dans un français chatoyant et créatif.

L’objectif de cette évaluation n’est pas d’établir un palmarès, l’objectif de l’évaluation, elle est formative, c’est-à-dire de donner des indicateurs aux directeurs d’école et aux enseignants pour faire en sorte que là où nous sommes en difficulté, nous puissions apporter des remèdes par rapport à ces difficultés, donc pas du tout pour dire : « je suis le plus fort, le plus beau, le plus intelligent » mais au contraire pour dire : « là où je suis en difficulté, comment je peux remédier à ces difficultés ? ».

[…]

L’objectif n’est pas du tout de se comparer à un niveau européen quelconque. Donc, on a voulu avoir notre outil interne à la Communauté française de pilotage du système pour mieux comprendre là où nous avons des difficultés. Vous savez, vous ne pouvez pas apporter un remède si vous ne savez pas là où ça fait mal. Euh, et donc, aujourd’hui, au niveau de l’école, on a identifié les endroits où ça fait mal, et on dit : « dans ces endroits-là, il faut être attentif et apporter des remèdes particuliers ».

Quand on a 15 % de la population qui, dès l’âge de neuf ans, est en décrochage par rapport au français, on peut s’attendre que cette population soit en décrochage sur le reste.

L’étude portait sur le niveau de compréhension écrite des élèves du primaire et du secondaire, et ses résultats ne sont pas brillants. Ce n’est peut-être pas étonnant, avec une ministre de l’Enseignement qui semble, euh, en décrochage par rapport au français.

23 mai 2007

Tout le monde debout

Eurostar Lille-Europe – Bruxelles-Midi, 38 minutes de trajet.

Il reste 12 minutes, un jeune homme se lève, commence à ranger ses affaires, on le voit bien dans le wagon et je sais alors comment tout cela va se terminer.

Il reste 11 minutes et, par imitation, la moitié du wagon se met à ranger ses affaires. Le petit monsieur à lunettes à côté de moi le voit, ne peut pas faire de même parce que moi je ne bouge pas et que je suis du côté de l’allée. Il a dormi pendant tout le voyage et il écarquille maintenant les yeux, il devient nerveux, tourne la tête dans tous les sens, essaye de voir par le carreau si l’on approche de la gare.

10 minutes avant l’arrivée du train en gare de Bruxelles-Midi, l’allée centrale est complètement remplie par des usagers équipés de leurs manteaux et couvre-chef, bagages en main. Ceux-là passeront donc le quart du trajet debout. Mon voisin a l’air très préoccupé.

De temps en temps, je lance un regard souriant au monsieur debout à côté de mon siège : il ressemble un peu à Johan Vande Lanotte, il s’ennuie et a l’air de plus en plus gêné de se trouver debout alors que le train n’a vraiment pas l’air d’être sur le point d’arriver.

Je me lève quand je vois le hall de la gare nous engloutir, j’attrape mon sac, me glisse dans l’allée et descend dans les premiers. Mon voisin se jette sur ses affaires comme un furieux. Je le reverrai dans la station de métro un peu plus tard, pas du tout pressé.

Ce phénomène d’imitation me sidère. Ce n’est pas systématique, mais il suffit à un seul type de farfouiller dans son sac sur le porte-bagages pour que ça se déclenche. La prochaine fois, si j’osais…

22 mai 2007

La SNCF fait des zeugmas

Lu sur un panneau d’affichage de la gare de Lille-Europe :

Par respect de la loi Evin du 10/01/91 et des autres voyageurs, nous vous remercions de ne pas fumer dans l’enceinte de gare.

Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais la communication institutionnelle est généralement si fade et si peu audacieuse (enfin je ne vais pas trop la ramener parce que c’est mon domaine et que je ne contribue pas franchement à améliorer les choses) que j’ai trouvé ça pas mal.

In my tidjivi

Dans mon wagon, entre Calais et Lille, six étudiants bruyants, quatre Français et deux Anglaises si j’ai bien compris. Les Français ont l’air de suivre des études d’interprète, ils lancent de temps en temps des bouts de phrases en anglais avec un bon accent. Je suppose qu’il s’agit d’un programme d’échange et que les Anglaises sont là en immersion. Il y a donc d’un côté de l’allée centrale les quatre Français, deux pétasses hypersapées et deux beaux mecs de même, et de l’autre les deux Anglaises un peu godiches, on ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Une des Françaises explique aux Anglaises : « En fait tu vois c’est une blague, parce que en français, bon ben on dit un cheval des chevaux, un journal des journaux, et que souvent ben les gens y se trompent et y disent par exemple, euh, “oh, regarde, un chevaux !” » L’autre Française précise : « oué enfin c’est plus souvent dans l’autre sens, quand même. » La première conclut : « oué enfin les étrangers et les gamins de trois ans y font la faute, quoi ! »

Pendant tout le reste du trajet, les Français ne feront que parler entre eux, fort et en français. Private joke, l’une des Françaises lance toutes les cinq minutes un « ta gueule » avec l’accent anglais, et les autres rient à chaque fois. Grosse déconnade, c’est vraiment bien, les programmes d’échange.

Une des Françaises raconte une anecdote qui fait beaucoup rire les autres. Une copine à elle a voulu se suicider et cette conne s’est lancée du premier étage de sa maison, juste au-dessus de sa véranda. Elle est tombée sur le toit de la véranda, ça a fait clac, et puis elle a glissé jusqu’au sol. Le plus drôle, c’est que ses parents mangeaient dans la véranda et que la mère s’est évanouie. Grosse rigolade. « Si toi tu faisais un truc comme ça, enfin chais pas mais tu le raconterais pas, eh ben elle elle l’a raconté à tout le monde, et c’est dingue mais c’est une fille elle est super populaire, maintenant. » Oué, oué, c’est dingue, tout le monde approuve. « Enfin c’est le genre de fille, un jour elle a voulu se tailler les veines et elle se ramène le lendemain avec un débardeur, enfin tu vois le genre, quoi. » Oui, ses camarades voient bien le genre, quoi.

J’ai vraiment eu envie de les insulter en sortant, et je ne l’ai pas fait. Il y a quelques années, je n’aurais pas songé à le faire. Avec le temps, je m’affirme et je commence à caresser ce genre d’idées pour de bon. Si ça continue comme ça, dans quelques années encore, j’insulterai vraiment les gens dans les trains. Ça me fera plein de trucs à dire dans mon blog, ça.

21 mai 2007

Poinçonnage à la mitraillette

Dimanche soir, j’ai fait mon Calais – Bruxelles en train. Je fais le même trajet à peu près tous les mois : Calais-Frethun – Lille-Europe tout d’abord, en TERGV, puis Lille-Europe – Bruxelles-Midi en Eurostar.

Comme toujours devant Calais-Frethun stationnait une jeep kaki garnie de militaires assortis. Mais cette fois-ci, serait-ce déjà l’effet Sarkozy ? j’ai eu droit à la jeep militaire plus à une fourgonnette de gendarmerie, garnie elle aussi, plus à un drapeau bleu-blanc-rouge accroché à la façade de la gare. Avec tout ça, j’ai pris mon train bien bien rassuré, avec un sentiment de sécurité retrouvée comme je vous raconte même pas, fier de me faire propulser à plein de kilomètres à l’heure par la gloire des chemins de fer et de France.

Cercle vicieux

Ce ouiquenne, j’étais à Hardinghen, le charmant village de mon enfance, en France. Ça faisait un petit bout de temps.

On a terminé le rond-point, ça y est. Ah oui parce qu’il faut que je vous dise : on a construit un rond-point à la place du carrefour de la salle des fêtes. Pensez donc, un carrefour en T, avec une bonne visibilité, emprunté par une dizaine de bagnoles toutes les heures au bas mot, il fallait que ça cesse.

Un rond-point flambant neuf, donc, d’un mètre douze de diamètre. La moitié du budget a dû passer dans l’achat des panneaux de signalisation : quatre flèches bleues, des triangles pour annoncer le rond-point et des triangles pour annoncer le passage pour piétons, une vraie bambouseraie d’acier, on dirait New York. Celui que je préfère, c’est la flèche bleue qui fait face au terrain de pétanque, particulièrement utile. La flèche bleue qui fait face à la place du Marché a quant à elle déjà été dézinguée par une auto qui a foncé dans le rond-point. C’est la deuxième depuis l’installation de ce bijou d’infrastructure routière.

20 mai 2007

Copier, coller, bouffer

Extrait de la Libre en ligne :

« Je crains vraiment que c’est l’ordinateur qui vous a abaissés à ce niveau », a-t-il ajouté, les yeux baissés et l’air las, « que vous ne vous intéressez plus à ce qui se passe au cinéma, que vous ne tapez plus parce que vous n’avez plus besoin de clavier : vous transférez une information que vous obtenez avec votre souris, sur le papier que vous allez donner à la rédaction, et c’est pour ça que vous savez si peu de nous tous ». « Alors franchement, allons bouffer ! », a-t-il lancé en se levant et en quittant la conférence, dans le brouhaha provoqué par sa pique.

Je tire mon chapeau à Polanski.