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10 septembre 2007

Le Redresseur 0.4

Mon Redresseur s’améliore petit à petit. Il place maintenant des insécables dans les nombres écrits par tranches de trois chiffres.

Le Redresseur est un outil d’amélioration typographique pour le web (un peu comme SmartyPants, mais en plus pinailleur et en plus rural). Aujourd’hui, il sait faire plein de choses :

  • ajout d’espaces insécables devant la ponctuation haute ;
  • conversion des guillemets dactylo en guillemets typographiques (trois niveaux de citation possibles) ;
  • conversion des impostrophes (apostrophes dactylo) en apostrophes typographiques ;
  • conversion des traits d’union doubles et triples en tirets demi-cadratin et cadratin respectivement ;
  • conversion des séquences de points en points de suspension d’un seul tenant ;
  • transformation des sauts de ligne simples en balises <br /> ;
  • transformation des blocs de textes séparés par des lignes vides en vrais paragraphes XHTML (<p>…</p>) ;
  • passage en écriture supérieure des abréviations de certains titres de civilité courants (ex. : Mme, Dr) ;
  • passage en écriture supérieure des ordinaux : 1er, 2e, 3e, etc. ;
  • conversion des espaces en espaces insécables dans les nombres écrits par tranches de trois chiffres.

10 juillet 2007

Reynders affirme sa sociétabilité

Un article de la Libre en ligne disposé de façon originale (un encadré deux fois plus grand que le corps de l’article).

Ce qui m’a surtout frappé, c’est la terminologie de Didier Reynders, bêtement reprise par le journaliste en début d’encadré : les priorités de l’État belge sont donc « économiques, sociales et sociétales ».

C’est triste, un adjectif qui se vide de sa substance. Ce qui était social, c’était auparavant ce qui concernait la vie en société. Fini tout ça : maintenant, ce qui est social, c’est ce qui est bien pour les pauvres, sans doute. Le reste de la société a des problèmes sociétaux.

J’ai l’impression que ce n’est pas une coïncidence si ce glissement de sens et ce néologisme se produisent dans la bouche d’un pur libéral. Enfin vous en concluez ce que vous voulez mais moi je me méfierais, à votre place.

Pour qualifier les personnes qui s’intègrent facilement dans la société, je propose l’adjectif sociétable, d’où l’on ferait dériver ensuite la sociétabilité. On pourrait ainsi utilement distinguer l’honnête homme sociétable, bien intégré dans la sociétalité, de la personne sociable, qui ne fait que se complaire dans la société des pauvres. Non ?

07 juillet 2007

Logement : le début de la fin

Oh, c’est un grand classique ! Ce titre de la Libre en ligne peut être compris de deux façons diamétralement opposées : « Bientôt plus de logements à loyer modéré sur le marché ».

02 juillet 2007

Le français en Allemagne, une affaire qui roule

Je reçois assez régulièrement par courriel des offres alléchantes d’un magasin de pneus allemand. Ces messages passent visiblement sans problème à travers tous les filtres à jambon épicé, mais ce n’est pas grave parce que je les aime plutôt bien.

Ils sont toujours rédigés en français, ou plutôt traduits en français par les bons soins d’un traducteur automatique. Je viens d’en recevoir un que je trouve particulièrement réussi.

Bas prix avec la garantie de première qualité et pleine !

Paiement confortablement par des cartes de crédit avec notre système en ligne parfait de magasin

Michelin pneus des prix spéciaux

Aucune offre obligatoire ne représente les prix. Les erreurs et les changements demeurent réservants. Tous les prix indiqués en EURO, valide purement net au juillet.

[…]

Notre compagnie avec l’endroit des affaires et des stocks au Luxembourg distribue des accessoires de pneus, de jantes, de voiture et de moto dans différents magasins en ligne

Nous servons les clients privés et commerciaux partout l’Europe avec le service de livraison quotidien. Notre plateforme de magasin est certifiée avec la plupart des normes modernes.

Le passage suivant me plaît beaucoup :

Les pays d’emphase en Europe sont équipés des systèmes multilingues de langue. Les représentants locaux par chaque pays soutiennent nos clients.

Notez que « systèmes multilingues de langue » est écrit en gras dans le message d’origine. Ben oui, on peut comprendre qu’ils en soient fiers.

Les approvisionnements directs de l’industrie et des salers entiers, combinés avec notre magasin central nous permet de fournir rapide et parfait à tous les clients

À notre centre convenable jusqu’à 200 roues et à pneu des paquets sont adaptés. Nous vendons plus de 10000 roues en acier et d’alliage. Dans la saison de ressort dans 2007 nous développerons un système additionnel de magasin pour des accessoires de moto avec la distribution dans tous les pays européens.

Gezondheid!

25 mai 2007

Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena

Il arrive que Marie Arena se répète. Parfois, elle dit la même chose plusieurs fois. Et à certaines occasions, elle tient successivement des propos strictement identiques. Il lui arrive même de redire ce qu’elle vient tout juste d’affirmer.

Je retranscris ici une interview d’elle diffusée dans le journal parlé de la Première. Ce que je dirais sans doute en une phrase (« Cette étude a permis d’identifier les problèmes que nous devrons résoudre. »), elle en fait deux paragraphes dans un français chatoyant et créatif.

L’objectif de cette évaluation n’est pas d’établir un palmarès, l’objectif de l’évaluation, elle est formative, c’est-à-dire de donner des indicateurs aux directeurs d’école et aux enseignants pour faire en sorte que là où nous sommes en difficulté, nous puissions apporter des remèdes par rapport à ces difficultés, donc pas du tout pour dire : « je suis le plus fort, le plus beau, le plus intelligent » mais au contraire pour dire : « là où je suis en difficulté, comment je peux remédier à ces difficultés ? ».

[…]

L’objectif n’est pas du tout de se comparer à un niveau européen quelconque. Donc, on a voulu avoir notre outil interne à la Communauté française de pilotage du système pour mieux comprendre là où nous avons des difficultés. Vous savez, vous ne pouvez pas apporter un remède si vous ne savez pas là où ça fait mal. Euh, et donc, aujourd’hui, au niveau de l’école, on a identifié les endroits où ça fait mal, et on dit : « dans ces endroits-là, il faut être attentif et apporter des remèdes particuliers ».

Quand on a 15 % de la population qui, dès l’âge de neuf ans, est en décrochage par rapport au français, on peut s’attendre que cette population soit en décrochage sur le reste.

L’étude portait sur le niveau de compréhension écrite des élèves du primaire et du secondaire, et ses résultats ne sont pas brillants. Ce n’est peut-être pas étonnant, avec une ministre de l’Enseignement qui semble, euh, en décrochage par rapport au français.

22 mai 2007

La SNCF fait des zeugmas

Lu sur un panneau d’affichage de la gare de Lille-Europe :

Par respect de la loi Evin du 10/01/91 et des autres voyageurs, nous vous remercions de ne pas fumer dans l’enceinte de gare.

Ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais la communication institutionnelle est généralement si fade et si peu audacieuse (enfin je ne vais pas trop la ramener parce que c’est mon domaine et que je ne contribue pas franchement à améliorer les choses) que j’ai trouvé ça pas mal.

02 mai 2007

Nouveau, redresse encore mieux !

Je viens de sortir la version 0.3 de mon Redresseur typographique. Au menu, un bogue corrigé et l'ajout des abréviations de docteur et  professeur.

Prochaine étape : s'occuper des nombres (espaces insécables entre les tranches de chiffres et entre le nombre et certaines unités courantes).

30 avril 2007

Comme une tache sur la cravate

Bien que j'aie arrêté Pince ton français ! depuis quelques lurettes déjà, on continue à écrire à l'adresse que j'y donne. C'est en général très gentil.

Une fois sur deux environ, la personne qui m'écrit se sent obligée d'employer un registre très soutenu, ou plutôt ce qu'elle imagine être un registre soutenu. Le résultat est plus obséquieux et lourdingue que soutenu, la plupart du temps. Et le plus souvent, il traîne une erreur d'accord ou une impropriété qui gâche tout, un peu comme une tache d'œuf sur une belle cravate.

Quand je lis ce genre de message, je me dis que j'ai raté quelque chose. J'aurais bien aimé tordre le cou à cette notion idiote de « bon français », synonyme d'un français compassé, forcément écrit, réglé par le dictionnaire et le manuel de grammaire, censé montrer le bon goût de celui qui l'emploie.

Tout comme on peut parler un bon français familier, on peut écrire un très mauvais français soutenu. Et de toute façon, il n'y a ni bon ni mauvais français. On ne peut pas situer un énoncé sur un axe allant du zéro à la perfection. Il y a des phrases correctes grammaticalement mais incompréhensibles, il y a des poèmes superbes qui utilisent des mots même pas dans le dictionnaire, il y a des auteurs plus rigoureux avec leur français populaire que d'autres avec leur français soutenu. S'il y avait un bon français d'un côté et un mauvais français de l'autre, ma vie serait bien plus simple et sans doute bien moins intéressante.

Il y a un article que j'ai commencé mille fois et jamais terminé. Son titre est Est-ce que c'est français ?, et je n'ai jamais réussi à bien cerner son contenu tellement il pourrait être vaste. C'est une question qu'on m'a souvent posée en attendant une réponse simple (oui ou non) et à laquelle je n'ai jamais su répondre autrement qu'en laissant transparaître un grand embarras. Les gens ne se rendent pas compte, des fois. 

24 avril 2007

J'écris comme j'écris

Peut-on écrire comme on parle ? Deux blogs évoquent le sujet aujourd'hui : le Petit Champignacien illustré et Blog 101. C'est le gros gros buzz du moment, quoi. Non ? Ah bon. Mais je vais quand même en parler. Enfin en écrire.

L'article du Blog 101 m'a fait sursauter, plusieurs fois même, mais c'est sur ceci que je vais m'attarder : « On n'écrit pas comme on parle. Sauf dans un blog. »

Mon œil. On n'écrit pas comme on parle, même sur un blog, et vous pouvez vous en rendre compte de deux façons.

Première façon. Vous enregistrez cinq minutes de conversation entre un journaliste et son invité à la radio ou, mieux encore, cinq minutes d'une conversation entre un ami et vous (c'est mieux parce que c'est plus spontané). Vous retranscrivez scrupuleusement votre enregistrement par écrit, donc sans aucune modification. Et on ne triche pas ! Vous allez voir la gueule de votre texte et vous me direz si vous mettriez ça sur votre blog (oui, si on veut, on peut toujours, évidemment, mais bon…)

Deuxième façon. Vous imaginez une personne en face de vous qui vous débite exactement le contenu d'un article de Blog 101. Vous allez très vite trouver ce type bizarre. Ce n'est pas le propos qui est bizarre, c'est sa tournure, qui est propre à l'écrit, quoiqu'on en dise.

Oui, quand on écrit sur un blog, on n'est pas dans la même situation que lorsqu'on écrit une lettre administrative ou bien un article de journal. On peut utiliser un registre de langue plus familier, plus relâché, c'est vrai. On n'est pas obligé de structurer son propos de façon aussi stricte, c'est vrai aussi. On peut même emprunter certaines tournures orales, c'est toujours vrai. Mais ça ne suffit pas à faire de votre écrit un équivalent de l'oral : votre clavier est toujours équipé d'une touche suppr qui n'existe pas à l'oral, vos intonations ne se retrouveront jamais dans votre écrit (et les smaïlets n'en sont même pas un ersatz), votre lecteur aura toujours sur le débit de votre texte écrit une maîtrise complète qu'il ne peut pas avoir sur l'oral.

Un texte écrit n'est pas un discours oral. Même en retranscrivant fidèlement sur papier des propos tenus oralement, vous n'écrirez pas comme on parle, de la même façon que la pipe de Magritte n'est pas une pipe.

Vous ne ferez que projeter un solide sur une surface plane, vous perdrez une dimension. Vouloir écrire comme on parle, ce n'est pas une liberté qu'on se donne mais bien une contrainte. Notez bien que ce n'est pas sans intérêt, de vouloir s'imposer une telle contrainte, et d'ailleurs un paquet d'auteurs s'y sont collés.

22 avril 2007

Françoises, François

François Hollande, François Bayrou, François Feldman, François De Brigode… Combien parmi eux se soucient-ils de l'Europe ? Très peu, si l'on en croit cette nouvelle sur le site de la RTBF : « l'élection présidentielle française facilitera-t-elle la relance de l'Europe, c'est la question que peu de François se posent ».

Oui, allez, c'est encore une coquille rigolote, mais cet article est un florilège d'erreurs de grammaire et de typo. J'épingle aussi au passage la mention belgocentrique de la guerre 40-45 : pour la France, c'est en 39 que cette guerre a débuté. On sent le spécialiste de l'histoire européenne.