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18 mai 2007

Il faut que j'achète des lunettes vertes, aussi ?

Je ne voterai pas pour les législatives belges qui arrivent, mais enfin ça m'intéresse tout de même, alors j'ai essayé le Kieskompas du Standaard pour savoir à qui je serais censé donner ma voix.

D'après ce truc, le parti dont je suis le plus éloigné est le Vlaams Belang. Je n'avais pas vraiment besoin de ça pour le savoir, mais enfin c'est rassurant. Beaucoup plus étonnant, le parti dont je suis le plus proche est Spirit.

Je crois que j'ai fait la même drôle de tête que Peter Vandermeersch en découvrant mon résultat.

Bon, c'est un gadget, le Kieskompas, d'accord, mais ça montre au moins que les journaux flamands portent de l'intérêt aux élections belges à venir. Du côté francophone, après s'être vautré dans les présidentielles françaises, on repart joyeusement patauger dans les législatives d'outre-Quiévrain. C'est navrant et pour tout dire inquiétant.

02 mai 2007

Nouveau, redresse encore mieux !

Je viens de sortir la version 0.3 de mon Redresseur typographique. Au menu, un bogue corrigé et l'ajout des abréviations de docteur et  professeur.

Prochaine étape : s'occuper des nombres (espaces insécables entre les tranches de chiffres et entre le nombre et certaines unités courantes).

30 avril 2007

Comme une tache sur la cravate

Bien que j'aie arrêté Pince ton français ! depuis quelques lurettes déjà, on continue à écrire à l'adresse que j'y donne. C'est en général très gentil.

Une fois sur deux environ, la personne qui m'écrit se sent obligée d'employer un registre très soutenu, ou plutôt ce qu'elle imagine être un registre soutenu. Le résultat est plus obséquieux et lourdingue que soutenu, la plupart du temps. Et le plus souvent, il traîne une erreur d'accord ou une impropriété qui gâche tout, un peu comme une tache d'œuf sur une belle cravate.

Quand je lis ce genre de message, je me dis que j'ai raté quelque chose. J'aurais bien aimé tordre le cou à cette notion idiote de « bon français », synonyme d'un français compassé, forcément écrit, réglé par le dictionnaire et le manuel de grammaire, censé montrer le bon goût de celui qui l'emploie.

Tout comme on peut parler un bon français familier, on peut écrire un très mauvais français soutenu. Et de toute façon, il n'y a ni bon ni mauvais français. On ne peut pas situer un énoncé sur un axe allant du zéro à la perfection. Il y a des phrases correctes grammaticalement mais incompréhensibles, il y a des poèmes superbes qui utilisent des mots même pas dans le dictionnaire, il y a des auteurs plus rigoureux avec leur français populaire que d'autres avec leur français soutenu. S'il y avait un bon français d'un côté et un mauvais français de l'autre, ma vie serait bien plus simple et sans doute bien moins intéressante.

Il y a un article que j'ai commencé mille fois et jamais terminé. Son titre est Est-ce que c'est français ?, et je n'ai jamais réussi à bien cerner son contenu tellement il pourrait être vaste. C'est une question qu'on m'a souvent posée en attendant une réponse simple (oui ou non) et à laquelle je n'ai jamais su répondre autrement qu'en laissant transparaître un grand embarras. Les gens ne se rendent pas compte, des fois. 

29 avril 2007

Repérage à la Chapelle de verre

Bodink a deux ans depuis le premier avril, je n'en reviens pas. Il y a deux ans, je n'imaginais pas du tout que les choses allaient évoluer de cette façon. Nous avons fait des rencontres inattendues, nous avons découvert un patrimoine sonore que nous ne soupçonnions pas, des gens se sont intéressés à nous pour des raisons auxquelles nous n'aurions jamais pensé.

Et c'est très bien ainsi.

Pour fêter nos deux ans, nous organisons une soirée à la Chapelle de verre. L'endroit est aussi insolite que la radio. Une chapelle Art-Déco, ou plutôt dans un style qui serait une relecture très naïve et très kitsch de de l'Art-Déco, entièrement décorée de marbrite, une sorte de pâte verre colorée ressemblant à du marbre, fleuron de l'industrie locale de l'époque. Depuis, cette chapelle est devenue une crêperie et une salle de spectacle. Les artistes se produisent dans l'abside, sous l'inscription « Dieu, Patrie, Famille, Union ».

Pour notre soirée, c'est Steal-a-Kazoon qui s'y collera. 

Nous y sommes allés en repérage hier soir. Nous y étions déjà allés deux fois, mais bon, on ne sait jamais, des fois que ça aurait changé. Mais non, tout était là. Le poêle à bois au milieu de la nef, les plaques de métal ajourées aux initiales de sainte Lutgarde, les petites fenêtres tout en haut, alternativement bleues et jaunes, les centaines d'ampoules disposées sur le contour des arcades, tout.

La Bons-Vœux a fait son apparition sur la carte des bières. Par professionnalisme, nous l'avons goûtée. Tout va bien, nous pourrons la recommander à nos auditeurs.

Nous avons un peu regardé le matériel, aussi. C'est la première fois que nous allons devoir manipuler des appareils aussi complexes. Il y a une très bonne table de mixage, un pupitre pour les éclairages, tout ce qu'il faut. Nous allons nous occuper d'un concert sérieux, quoi. Et ce sera diffusé en direct sur Radio Bodink, ce qui est aussi une première.

Si ça marche, nous pourrons être fiers. 

26 avril 2007

Les idées déco d'Anne-Marie

Surprise ! Pour fêter les vacances, les sénateurs se sont vu offrir leur buste en papier mâché. 71 sculptures en tout, belles comme des surprises Kinder, que dis-je ? comme des statues de cire du château de Belœil. Merci Anne-Marie ! Je suis sûr que ça conviendra parfaitement à n'importe quel intérieur un tant soit peu coquet.

La sculptrice dit s'être inspirée de Daumier. C'est une très bonne idée. Mais ça ne transpire pas vraiment dans le résultat final.

Les bustes de Daumier sont avant tout des caricatures. Ce que les sénateurs ont reçu, ce sont des portraits stylisés, dans un genre naïf. Il n'y a aucune satire là-dedans, aucune irrévérence. Rien que la démarche est parfaitement opposée : d'un côté, un caricaturiste dont les œuvres ne sont pas vraiment perçues comme des cadeaux, ce qui lui vaudra d'ailleurs quelques misères ; de l'autre, une artiste qui produit une œuvre de commande. Citer Daumier dans ces conditions, bah… C'est un peu vaniteux.

Enfin ça me donne une occasion de montrer les bustes de Daumier, qui ont tout de même bien plus de gueule. 

25 avril 2007

Ducarme, toujours vert

On allait presque l'oublier : la Belgique aussi est en pleine campagne électorale. Ce matin, à la Première, un revenant : Daniel Ducarme. Je suis bien content de l'entendre à nouveau. J'avais gardé de lui de fabuleux souvenirs de discours politiques invraisemblables, un mélange rare de mauvaise foi, de bêtise et de démesure, et surtout une ligne de conduite : ne jamais tenir compte de ce que disent les contradicteurs.

J'avais en revanche complètement oublié son engagement profond et sincère pour l'écologie. Heureusement qu'il était là pour le rappeler, et pour rappeler aussi que l'écologie, c'est quand même avant tout une invention des libéraux. Dialogue avec Sophie Brems dans Questions publiques (lien extrait du podcast de la Première) :

Daniel Ducarme. — C'est quoi, d'être réformateur, d'être libéral-démocrate ? C'est de s'intéresser au mieux possible aux individus. Quand on voit tout ce que l'on voit au plan de la défense de la planète, du réchauffement climatique, il est très clair que nous y sommes attentifs.

Je ferais quand même remarquer une chose, c'est que la personnalité qui a vraiment mis le doigt sur cette question, elle n'est pas venue de l'Union soviétique, hein. Elle n'est pas venue de Chine, hein. Elle n'est pas venue des pays que l'on pourrait considérer comme des pays socialistes ou communistes, hein. Elle est venue des États-Unis. C'est monsieur Gore. Et donc ça montre très bien que les libéraux, les libéraux-démocrates, sont des gens qui veulent absolument faire en sorte de s'intéress…

Sophie Brems. — C'est un peu un raccourci, ça, hein…

— Mais non, c'est pas un raccourci.

— Il y en a eu d'autres avant, quand même.

— Mais, écoutez, qui a fait en sorte qu'il y ait une telle réaction de la part de l'opinion ? Qui a obtenu un Oscar du meilleur film documentaire ?

— C'est Al Gore, OK, mais bon…

— C'est monsieur Gore. Jusqu'à présent, il sort pas du Kremlin et il sort pas de Pékin.

— Oué…

— Et donc j'ai le droit aussi de dire que les libéraux-démocrates sont des gens qui portent très bien des dossiers tels que ceux-là.

Il n'a pas changé ! 

24 avril 2007

J'écris comme j'écris

Peut-on écrire comme on parle ? Deux blogs évoquent le sujet aujourd'hui : le Petit Champignacien illustré et Blog 101. C'est le gros gros buzz du moment, quoi. Non ? Ah bon. Mais je vais quand même en parler. Enfin en écrire.

L'article du Blog 101 m'a fait sursauter, plusieurs fois même, mais c'est sur ceci que je vais m'attarder : « On n'écrit pas comme on parle. Sauf dans un blog. »

Mon œil. On n'écrit pas comme on parle, même sur un blog, et vous pouvez vous en rendre compte de deux façons.

Première façon. Vous enregistrez cinq minutes de conversation entre un journaliste et son invité à la radio ou, mieux encore, cinq minutes d'une conversation entre un ami et vous (c'est mieux parce que c'est plus spontané). Vous retranscrivez scrupuleusement votre enregistrement par écrit, donc sans aucune modification. Et on ne triche pas ! Vous allez voir la gueule de votre texte et vous me direz si vous mettriez ça sur votre blog (oui, si on veut, on peut toujours, évidemment, mais bon…)

Deuxième façon. Vous imaginez une personne en face de vous qui vous débite exactement le contenu d'un article de Blog 101. Vous allez très vite trouver ce type bizarre. Ce n'est pas le propos qui est bizarre, c'est sa tournure, qui est propre à l'écrit, quoiqu'on en dise.

Oui, quand on écrit sur un blog, on n'est pas dans la même situation que lorsqu'on écrit une lettre administrative ou bien un article de journal. On peut utiliser un registre de langue plus familier, plus relâché, c'est vrai. On n'est pas obligé de structurer son propos de façon aussi stricte, c'est vrai aussi. On peut même emprunter certaines tournures orales, c'est toujours vrai. Mais ça ne suffit pas à faire de votre écrit un équivalent de l'oral : votre clavier est toujours équipé d'une touche suppr qui n'existe pas à l'oral, vos intonations ne se retrouveront jamais dans votre écrit (et les smaïlets n'en sont même pas un ersatz), votre lecteur aura toujours sur le débit de votre texte écrit une maîtrise complète qu'il ne peut pas avoir sur l'oral.

Un texte écrit n'est pas un discours oral. Même en retranscrivant fidèlement sur papier des propos tenus oralement, vous n'écrirez pas comme on parle, de la même façon que la pipe de Magritte n'est pas une pipe.

Vous ne ferez que projeter un solide sur une surface plane, vous perdrez une dimension. Vouloir écrire comme on parle, ce n'est pas une liberté qu'on se donne mais bien une contrainte. Notez bien que ce n'est pas sans intérêt, de vouloir s'imposer une telle contrainte, et d'ailleurs un paquet d'auteurs s'y sont collés.

23 avril 2007

Sursaut démocratique chez les riverains

Un petit bout de dialogue réjouissant pioché dans le Fluide glacial du mois de mai 2007.

« À l'école, Patrick il dit qu'on est une famille de nuls !

— Si c'était le cas, ton père ne serait pas responsable d'une association de riverains !

— C'est quoi des riverains ?

— C'est des gens qui habitent près d'une route où il y a beaucoup de circulation et que ça gêne à cause du bruit. »

C'est tiré de Hein ?, de Charles Binet. Dans cette histoire, la famille Caspani, qui n'est pas une famille de nuls, donc, s'en va participer à une réunion entre riverains et responsables d'un projet d'aménagement urbain quelconque, réunion que monsieur Caspani présente à son fiston comme un « grand moment de démocratie ».

Comme quoi, le sursaut démocratique, c'est pas du flan, on en parle partout.

Ce qui est intéressant dans cette histoire, c'est qu'elle montre que la liberté d'expression n'est pas la liberté d'information, et que la démocratie a besoin des deux. Elle montre aussi que le langage est un pouvoir, et le jargon un signe d'appartenance sociale aussi sûr que la grosse montre et le costume trois-pièces.

Enfin achetez Fluide glacial, vous comprendrez. Et puis vous constaterez que depuis que Thierry Tinlot en est le rédacteur en chef, il est question de Belgique à presque toutes les pages, c'est surprenant. Encore que…

Ma soirée présidentielle, cinquième partie : ne tirez pas, je veux juste rentrer en Belgique

Ce soir, j'ai pris le train en France pour revenir en Belgique. Devant la gare de Calais-Frethun, il y avait une jeep kaki avec deux militaires dedans, sans doute pour célébrer le bon score de Sarkozy.

Mais non, c'est pas vrai, il y a toujours des militaires devant cette gare. C'est à cause de Vigipirate. Ils sont là pour vaporiser toutes les dix minutes un dérivé de citronnelle qui éloigne les terroristes, comme ça il n'y a pas de bombe dans mon TGV. À moins que ce ne soit pour courir après les réfugiés de Sangatte qui ne savent plus où aller depuis qu'on a fermé le centre de la Croix-Rouge. Qui avait eu cette grande idée, déjà ? Un ministre de l'Intérieur, un petit nerveux, je ne reviens plus sur son nom…

Tiens, je serais curieux de connaître le score de Sarkozy aux alentours de Sangatte, d'ailleurs.

Bon, enfin je ne sais pas à quoi servent ces militaires, mais il vaut mieux qu'il y en ait trop que pas assez, n'est-ce pas, et puis on se sent rassuré de savoir qu'il y a des gars avec des mitrailleuses dans sa gare.

Ma soirée présidentielle, quatrième partie : c'est qui le chef, maintenant ?

Il y en a qui, et on me pardonnera ce belgicisme, ont eu bon ce 22 avril, c'est les gars de l'UDF.

« Vous allez être très courtisé, monsieur Huday-Effe, pendant les deux semaines à venir, non ?

— Oooh, je sais paaas, nous verrooons… »

Bien entendu, tout le monde au PS et à l'UMP s'est défendu de vouloir faire de l'œil à l'UDF pour récupérer ses électeurs au second tour. Quand on leur a demandé comment ils espéraient remporter le second tour si ce n'était en captant les voix de l'UDF, les gars de l'UMP ont mis en avant la dynamique du mouvement de rassemblement qu'ils souhaitaient impulser à l'aide de leurs idées claires et novatrices, contrairement à ceux du PS qui voulaient de leur côté rassembler clairement les dynamiques novatrices autour d'idées en mouvement.

Je ne comprends pas comment on peut résister, lorsqu'on est membre de l'UDF, à l'envie de dire sur le plateau : « Vous savez, là, ils font leur Jean Gabin, mais ils ont déjà les yeux qui brillent et un peu de bave au coin des lèvres devant nos 20 %. Demain, je les aurai au téléphone, ils seront tout sucre et tout miel, et je leur ferai danser le charleston quand je veux .»