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10 octobre 2007

Juge corrosif

Je ne publie plus grand-chose ces temps-ci, mais celle-ci est tellement belle… C’est dans un article de la Libre en ligne.

La Cour a constaté que la loi ne pouvait plus être respectée et qu’elle devait dissoudre le juré.

11 juillet 2007

Fulgurance tatayesque

« Les mots croisés ! Je connais ! C’est le seul endroit du journal où on peut mettre les lettres soi-même. Parce que tu sais, ailleurs, les journalistes, ils ont tout trouvé à ta place. Pourvu qu’ils se soient pas gourés. »

Tatayet, les Gazettes

10 juillet 2007

Reynders affirme sa sociétabilité

Un article de la Libre en ligne disposé de façon originale (un encadré deux fois plus grand que le corps de l’article).

Ce qui m’a surtout frappé, c’est la terminologie de Didier Reynders, bêtement reprise par le journaliste en début d’encadré : les priorités de l’État belge sont donc « économiques, sociales et sociétales ».

C’est triste, un adjectif qui se vide de sa substance. Ce qui était social, c’était auparavant ce qui concernait la vie en société. Fini tout ça : maintenant, ce qui est social, c’est ce qui est bien pour les pauvres, sans doute. Le reste de la société a des problèmes sociétaux.

J’ai l’impression que ce n’est pas une coïncidence si ce glissement de sens et ce néologisme se produisent dans la bouche d’un pur libéral. Enfin vous en concluez ce que vous voulez mais moi je me méfierais, à votre place.

Pour qualifier les personnes qui s’intègrent facilement dans la société, je propose l’adjectif sociétable, d’où l’on ferait dériver ensuite la sociétabilité. On pourrait ainsi utilement distinguer l’honnête homme sociétable, bien intégré dans la sociétalité, de la personne sociable, qui ne fait que se complaire dans la société des pauvres. Non ?

20 mai 2007

Copier, coller, bouffer

Extrait de la Libre en ligne :

« Je crains vraiment que c’est l’ordinateur qui vous a abaissés à ce niveau », a-t-il ajouté, les yeux baissés et l’air las, « que vous ne vous intéressez plus à ce qui se passe au cinéma, que vous ne tapez plus parce que vous n’avez plus besoin de clavier : vous transférez une information que vous obtenez avec votre souris, sur le papier que vous allez donner à la rédaction, et c’est pour ça que vous savez si peu de nous tous ». « Alors franchement, allons bouffer ! », a-t-il lancé en se levant et en quittant la conférence, dans le brouhaha provoqué par sa pique.

Je tire mon chapeau à Polanski.

18 mai 2007

Il faut que j'achète des lunettes vertes, aussi ?

Je ne voterai pas pour les législatives belges qui arrivent, mais enfin ça m'intéresse tout de même, alors j'ai essayé le Kieskompas du Standaard pour savoir à qui je serais censé donner ma voix.

D'après ce truc, le parti dont je suis le plus éloigné est le Vlaams Belang. Je n'avais pas vraiment besoin de ça pour le savoir, mais enfin c'est rassurant. Beaucoup plus étonnant, le parti dont je suis le plus proche est Spirit.

Je crois que j'ai fait la même drôle de tête que Peter Vandermeersch en découvrant mon résultat.

Bon, c'est un gadget, le Kieskompas, d'accord, mais ça montre au moins que les journaux flamands portent de l'intérêt aux élections belges à venir. Du côté francophone, après s'être vautré dans les présidentielles françaises, on repart joyeusement patauger dans les législatives d'outre-Quiévrain. C'est navrant et pour tout dire inquiétant.

23 avril 2007

Ma soirée présidentielle, première partie : on meuble

« Eh bien mon cher Jean-Philippe, voilà une soirée qui s'annonce passionnante.

— Ah ça oui, Yvette, on peut déjà dire que ce scrutin sera historique.

— On peut le dire, en effet, et d'ailleurs, je crois que nos commentateurs auront du pain sur la planche, ce soir.

— Oui Yvette, les commentaires seront à n'en pas douter extrêmement nombreux.

— Il y a effectivement beaucoup de choses à dire déjà sur le vote de ce dimanche.

— Houlàlà, oui, des choses et des choses.

— Par quoi commencer ?

— Et si nous regardions pour la cinquième fois depuis vingt minutes le chiffre de l'abstention ?

— Mais quelle bonne idée, Jean-Philippe !

— Nos téléspectateurs redécouvrent avec nous ce chiffre historique.

— 15 %, c'est historique.

— Pour ne rien vous cacher, heureusement que c'est historique parce que sinon je ne vois pas bien comment nous aurions meublé les quarante minutes qu'il reste à tirer avant l'annonce des résultats à 20 heures.

— Euh, Jean-Philippe… »

C'est toujours la même chose, et c'est toujours aussi drôle. Aussi professionnels qu'ils soient, les présentateurs de soirées électorales ont bien du mal à remplir leur émission avant de pouvoir annoncer les résultats et passer aux choses sérieuses.

J'ai beaucoup apprécié Pierre Giacometti sur France 2, à qui l'on a demandé d'analyser cette chute de l'abstention et qui a expliqué que c'était dû, d'une part, aux personnes qui n'avaient pas voté en 2002 mais qui ont voté cette année et, d'autre part, aux personnes qui n'étaient pas inscrites sur les listes électorales en 2002 et qui y sont maintenant inscrites pour des raisons diverses. Je rejoins entièrement son point de vue, et j'ajoute que je vais poser ma cadidature au poste de directeur général d'Ipsos parce que ç'a m'a l'air d'être un boulot peinard.

22 avril 2007

Françoises, François

François Hollande, François Bayrou, François Feldman, François De Brigode… Combien parmi eux se soucient-ils de l'Europe ? Très peu, si l'on en croit cette nouvelle sur le site de la RTBF : « l'élection présidentielle française facilitera-t-elle la relance de l'Europe, c'est la question que peu de François se posent ».

Oui, allez, c'est encore une coquille rigolote, mais cet article est un florilège d'erreurs de grammaire et de typo. J'épingle aussi au passage la mention belgocentrique de la guerre 40-45 : pour la France, c'est en 39 que cette guerre a débuté. On sent le spécialiste de l'histoire européenne.

21 avril 2007

Ah, la France, hein... ça fait du bien quand on y pense, hein...

Mais quel foin, avec ces présidentielles françaises ! On n'en avait pas fait autant avec les précédentes, me semble-t-il. Et pourtant, cette édition-ci est particulièrement minable. Moi qui ai fui la France entre autres pour échapper à la sacralisation médiatique délirante des Bleus avant la Coupe du monde de 2002, je me retrouve assailli par une nouvelle grand-messe.

Sur le site du Soir, la rubrique Face-à-face Nord-Sud a déjà été remplacée par une rubrique Présidentielles (on ne précise même plus qu'elles sont françaises, la Belgique francophone étant en ce moment quasi-rattachée d'office). La RTBF sera une institution française pour quelques heures, elle rendra compte avec des invités français des élections françaises depuis Paris.

J'ai toujours ma nationalité française, je vais donc m'y coller. Mon évaluation des candidats va du médiocre au très mauvais. Je n'ai envie de voter pour personne. Cependant, il ne faut pas faire ça : les votes blancs ne sont pas pris en compte, autant rester chez soi. Alors on va choisir le moins mauvais de la troupe, on va faire en sorte de se protéger de Sarkozy, on va voter utile, comme on dit.

Cet après-midi, plutôt que de lire les professions de foi de chacun, je me suis allongé sur l'herbe, sous le soleil indu de cet avril étrange, et j'ai fait mon choix.