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25 mai 2007

Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena, Marie Arena

Il arrive que Marie Arena se répète. Parfois, elle dit la même chose plusieurs fois. Et à certaines occasions, elle tient successivement des propos strictement identiques. Il lui arrive même de redire ce qu’elle vient tout juste d’affirmer.

Je retranscris ici une interview d’elle diffusée dans le journal parlé de la Première. Ce que je dirais sans doute en une phrase (« Cette étude a permis d’identifier les problèmes que nous devrons résoudre. »), elle en fait deux paragraphes dans un français chatoyant et créatif.

L’objectif de cette évaluation n’est pas d’établir un palmarès, l’objectif de l’évaluation, elle est formative, c’est-à-dire de donner des indicateurs aux directeurs d’école et aux enseignants pour faire en sorte que là où nous sommes en difficulté, nous puissions apporter des remèdes par rapport à ces difficultés, donc pas du tout pour dire : « je suis le plus fort, le plus beau, le plus intelligent » mais au contraire pour dire : « là où je suis en difficulté, comment je peux remédier à ces difficultés ? ».

[…]

L’objectif n’est pas du tout de se comparer à un niveau européen quelconque. Donc, on a voulu avoir notre outil interne à la Communauté française de pilotage du système pour mieux comprendre là où nous avons des difficultés. Vous savez, vous ne pouvez pas apporter un remède si vous ne savez pas là où ça fait mal. Euh, et donc, aujourd’hui, au niveau de l’école, on a identifié les endroits où ça fait mal, et on dit : « dans ces endroits-là, il faut être attentif et apporter des remèdes particuliers ».

Quand on a 15 % de la population qui, dès l’âge de neuf ans, est en décrochage par rapport au français, on peut s’attendre que cette population soit en décrochage sur le reste.

L’étude portait sur le niveau de compréhension écrite des élèves du primaire et du secondaire, et ses résultats ne sont pas brillants. Ce n’est peut-être pas étonnant, avec une ministre de l’Enseignement qui semble, euh, en décrochage par rapport au français.

02 mai 2007

Nouveau, redresse encore mieux !

Je viens de sortir la version 0.3 de mon Redresseur typographique. Au menu, un bogue corrigé et l'ajout des abréviations de docteur et  professeur.

Prochaine étape : s'occuper des nombres (espaces insécables entre les tranches de chiffres et entre le nombre et certaines unités courantes).

30 avril 2007

Comme une tache sur la cravate

Bien que j'aie arrêté Pince ton français ! depuis quelques lurettes déjà, on continue à écrire à l'adresse que j'y donne. C'est en général très gentil.

Une fois sur deux environ, la personne qui m'écrit se sent obligée d'employer un registre très soutenu, ou plutôt ce qu'elle imagine être un registre soutenu. Le résultat est plus obséquieux et lourdingue que soutenu, la plupart du temps. Et le plus souvent, il traîne une erreur d'accord ou une impropriété qui gâche tout, un peu comme une tache d'œuf sur une belle cravate.

Quand je lis ce genre de message, je me dis que j'ai raté quelque chose. J'aurais bien aimé tordre le cou à cette notion idiote de « bon français », synonyme d'un français compassé, forcément écrit, réglé par le dictionnaire et le manuel de grammaire, censé montrer le bon goût de celui qui l'emploie.

Tout comme on peut parler un bon français familier, on peut écrire un très mauvais français soutenu. Et de toute façon, il n'y a ni bon ni mauvais français. On ne peut pas situer un énoncé sur un axe allant du zéro à la perfection. Il y a des phrases correctes grammaticalement mais incompréhensibles, il y a des poèmes superbes qui utilisent des mots même pas dans le dictionnaire, il y a des auteurs plus rigoureux avec leur français populaire que d'autres avec leur français soutenu. S'il y avait un bon français d'un côté et un mauvais français de l'autre, ma vie serait bien plus simple et sans doute bien moins intéressante.

Il y a un article que j'ai commencé mille fois et jamais terminé. Son titre est Est-ce que c'est français ?, et je n'ai jamais réussi à bien cerner son contenu tellement il pourrait être vaste. C'est une question qu'on m'a souvent posée en attendant une réponse simple (oui ou non) et à laquelle je n'ai jamais su répondre autrement qu'en laissant transparaître un grand embarras. Les gens ne se rendent pas compte, des fois.